Tricot continental ou tricot à l’anglaise : que choisir ?

Quand vous tricotez, tenez-vous votre fil dans la main droite ou dans la main gauche ? Est-ce qu’il y a une façon de faire qui est mieux que l’autre, selon vous ? Et est-ce que ça a vraiment une importance ?

Dans cet article je fais un point (assez subjectif !) sur ces deux méthodes. On va laisser de côté d’autres façons de tenir son fil (au Portugal, par exemple, on le passe souvent autour du cou, ou dans une broche), et se concentrer sur les deux méthodes les plus répandues.

Deux méthodes, un même résultat

Quand on tient le fil dans la main gauche, on parle de tricot continental. Quand on le tient dans la main droite, on parle de tricot à l’anglaise, ou méthode anglaise. La différence tient simplement dans la façon de mettre de la tension sur le fil. En final, on obtient les mêmes mailles.

D’où viennent ces noms ?

Je trouve cela assez amusant : tenir son fil dans la main droite est la façon traditionnelle de tricoter en France. Pourtant, en cherchant des informations sur Internet, vous verrez partout cette méthode appelée « tricot à l’anglaise ». Tenir son fil dans la main gauche s’appelle le tricot « continental ». La dernière fois que j’ai regardé une carte, j’ai pourtant bien situé la France sur le continent européen !

J’ai ma petite théorie sur l’origine de cette terminologie. À mon avis, elle vient d’une grande dame du tricot du XXe siècle : Elizabeth Zimmermann. Elle est née en Grande-Bretagne, où elle a appris à tricoter avec sa maman et ses tantes, le fil dans la main droite. Elle a ensuite été scolarisée en Suisse et en Allemagne, où elle a appris à tricoter le fil dans la main gauche. C’est en Allemagne qu’elle a rencontré son futur mari, et le couple a émigré aux États-Unis à la fin des années 1930.

Quand Elizabeth Zimmermann a commencé à enseigner le tricot aux États-Unis dans les années 1950, c’était donc tout naturel pour elle de parler de tricot à l’anglaise (appris en Angleterre) et de tricot continental (appris sur le continent européen). Elle a eu une grande influence sur la culture du tricot aux États-Unis, et du coup, ces dénominations ont été largement adoptées.

Ce que chaque méthode fait bien

Pour moi, il n’y a pas une méthode qui est meilleure que l’autre. Vous tricotez comme vous êtes à l’aise, tant que vos mailles sont correctes. Mais il peut être intéressant de connaître les deux, parce que chacune de ces méthodes a ses avantages.

Le tricot continental est plus économe en gestes, avec des mouvements plus petits. Ça ne veut pas dire qu’on tricote forcément plus vite, mais beaucoup de personnes qui l’adoptent trouvent leur tricot plus fluide une fois la méthode maîtrisée. C’est aussi souvent plus facile à apprendre pour une personne gauchère, puisqu’on n’a pas besoin de gérer le fil avec la main droite en plus du reste.

La maille endroit en tricot continental est particulièrement fluide, ce qui explique le lien fort entre cette méthode et le tricot circulaire. Si vous tricotez du jersey en rond, vous n’allez faire que des mailles endroit.

Personnellement, je trouve que c’est vrai aussi pour le point brioche : il se fait de manière plus fluide en tricotant en continental.

Le tricot à l’anglaise a ses propres atouts. La maille envers y est souvent plus simple à apprendre au début, parce que le geste change peu par rapport à la maille endroit. C’est aussi une méthode qui permet de tricoter plus serré, donc potentiellement plus solide, ce qui est important si on fait par exemple des chaussettes ou des gants destinés à un usage intensif.

Et si on combinait les deux ?

Je suis longtemps restée réfractaire à la méthode anglaise, parce que j’ai appris à tricoter à la continentale toute petite. C’était donc la méthode la plus confortable pour moi, et de loin. J’ai révisé mon opinion en me remettant au tricot jacquard, que j’avais pratiqué en tenant mes deux fils ensemble sur l’index gauche quand j’étais adolescente. Ça s’emmêlait sans arrêt, et j’ai abandonné de nombreux projet en cours de route. Aujourd’hui, je tiens un fil dans chaque main pour le jacquard, un à la continentale et un à l’anglaise, et mes fils ne s’emmêlent plus jamais.

On peut aussi combiner les deux méthodes sur un même ouvrage. Je connais des personnes qui, en tricotant du jersey à plat, tricotent à la continentale sur l’endroit et à l’anglaise sur l’envers, pour profiter de la fluidité de l’une et de la facilité de l’autre.

Changer de méthode peut aussi soulager vos mains, par exemple si vous avez des douleurs liées à l’arthrose. (Par contre, si vous une tendinite parce que vous tricotez trop, il faut surtout vous reposer les mains).

Et vous ?

Avez-vous appris à tricoter à l’anglaise ou à la continentale ? Avez-vous déjà essayé l’autre méthode, et qu’en avez-vous pensé ?

Vous retrouverez la vidéo complète sur ce sujet ci-dessous.

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2 commentaires pour “Tricot continental ou tricot à l’anglaise : que choisir ?”

  1. Coucou, Annette,
    J’ai appris à tricoter à l’anglaise, à l’âge de 2 ans. C’est ma mère qui me l’a enseigné.
    Nous avons déménagé en Suisse quelques années, et là j’ai appris à tricoter à la continentale, ou à la Suisse comme on dit dans cette région frontalière, à l’école.
    Cette méthode, à la Suisse gère la tension en enroulant 2 fois le fil sur l’index gauche. Un peu compliqué au début pour arriver à le faire glisser. Mais cela permet de garder une tension assez serrée et même très serrée si besoin. Car il existe plusieurs façon de tenir son fil et régler la tension, que ce soit à gauche ou à droite.
    Le seul hic dans ces différentes méthodes, c’est d’avoir le bon échantillon. Et il est dommage que personne ne souligne, dans les explications, avec quel méthode est tricoté l’ouvrage…
    Le choix des aiguilles changent aussi beaucoup la tension…
    Bref, il y a tellement de choses à dire 😉 … et contrairement à ce qu’une personne avait commenté sur une de mes publications FB, sur un châle en dentelle estonienne, l’art du tricot ce n’est pas qu’une série de mailles à l’endroit et de mailles à l’envers. Quand on s’y penche vraiment, c’est bien plus riche et compliqué que ça, mais tellement intéressant et addictif 😀
    Au plaisir de te lire pour un autre article.

    1. Merci Paty, pour ton témoignage très intéressant !

      Tu parles aussi de la tension du fil, que je vais aborder incessamment sous peu – sans la technique d’enrouler deux fois autour de l’index, car je ne la connaissais pas.

      Le tricot, c’est à la fois très simple et très complexe ! Chacune pratique bien sûr au niveau qui lui convient – mais entre passionnées, on a tant de sujets à approfondir !

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