Annette Petavy Design – Bulletin avril 2011 – Ma première aventure au pays du crochet en mailles coulées

Bulletin avril 2011: Ma première aventure au pays du crochet en mailles couléesDu neuf:J’ai encore une fois le grand plaisir de pouvoir vous présenter un nouveau modèle de châle créé par EclatDuSoleil – ou devrais-je dire deux nouveaux modèles? La fiche de Pipistrelle contient deux versions de châles. Les deux sont basées sur le même point en chevrons, mais ce point est utilisé de façon assez différente dans chaque châle.pipistrelle smaller shawlLe plus petit modèle, travaillé dans de nombreux coloris différents, a un long bord supérieur. Vous pouvez le porter enroulé autour de votre cou ou de vos épaules, ou noué comme une grande écharpe.pipistrelle larger shawlLa plus grande version a un bord supérieur relativement court, et s’évase nettement vers le bas. Vous pouvez le porter comme un cape de dentelle magnifique. Il se termine avec une jolie petite bordure en pompons.Les deux versions peuvent être crochetées en mohair fin ou en fil dentelle lisse. Vous trouverez plus d’informations dans la boutique.Depuis le dernier bulletin, il y a aussi eu plusieurs nouveautés de tricot dans la boutique.Alana Dakos, nous propose deux jolis accessoires. Le premier, le col Café au lait, sera parfait pour les premier frimas de l’automne.col café au laitCafé au lait est travaillé dans un fil type « layette » ou « chaussette ». Pour bien se poser sur vos épaules, il est plus large en bas qu’en haut, et les torsades diminuent également en largeur en allant du bas vers le haut. Bien conçu avec de jolis détails, ce modèle est aussi bien expliqué par écrit et avec des grilles.Le deuxième accessoire d’Alana est le joli petit bonnet Jeunes pousses.bonnet jeunes poussesSur ce bonnet, de jeunes pousses de printemps cherchent la lumière en se détachant sur un fond de jersey envers. Tricoté dans un fil d’environ 80 à 90 m aux 50 g, c’est un modèle qui monte vite. Les feuilles sont expliquées par écrit et avec une grille, à vous de voir ce qui vous convient le mieux.Si vous avez envie de vous lancer dans un gilet ou veste, Kirsten Kapur et moi vous proposons la traduction française du modèle Washington.washingtonRéalisée pratiquement sans couture, cette veste boutonnée devant se travaille en aller-retours pour le corps et en rond pour les manches. Tout est ensuite monté ensemble au niveau des emmanchures, et l’empiècement est travaillé en une seule pièce, avec les points courant sans interruption d’un bord devant à l’autre.washington 2Avec 12 tailles dans la fiche, il y en a forcément une pour vous! Plus d’informations dans la boutique.J’ai aussi élargi la gamme du fil Mini Mochi – allez regarder, c’est une fiesta de couleurs! Grâce à un accord passé avec le fabricant du fil, Crystal Palace Yarns, je peux désormais proposer des modèles gratuits pour accompagner le Mini Mochi. Le premier est un petit châle réalisé avec seulement deux pelotes.chale minimochiVous pouvez voir des photos plus grandes dans le billet sur le blog où je présente le modèle. La fiche vous sera envoyée par e-mail pour tout achat d’au moins deux pelotes de Mini Mochi.Ma premère aventure au pays du crochet en mailles coulées:L’une des tendances les plus importantes dans le monde du crochet ces dernières années a été le regain d’intérêt pour le crochet en mailles coulées. La maille coulée est la plus simple des mailles crochetées, celle où on manipule le fil le moins. C’est peut-être aussi la maille la plus ancienne – autant que je sache, les plus anciennes pièces crochetées qui ont été retrouvées sont travaillées en mailles coulées. Le crochet en mailles coulées traditionnel est aussi connu comme le « crochet de Bosnie ». Je pense que la même technique est utilisée dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est et de l’Asie de l’Ouest. Ce type de crochet était aussi utilisé traditionnellement dans les pays nordiques, dont ma Suède natale. La technique traditionnelle est travaillée presque exclusivement en rond.Mais avec l’intérêt croissant pour le crochet, il n’était qu’une question de temps avant que quelqu’un n’aille se pencher sur cette technique. Je suis sûre qu’il y a de nombreuses personnes qui l’ont fait, mais si vous me dites « crochet en mailles coulées », je pense tout de suite « David Burchall ». David a un site (en anglais) très intéressant avec beaucoup d’informations sur le crochet en mailles coulées, y compris des façons de travailler la maille que je n’avais jamais vu ailleurs. Si vous êtes membre de Ravelry, David participe aussi aux discussions dans le groupe Slip Stitch Crochet sur ce site, où vous trouverez encore plus d’informations (hélas, toujours en anglais).Pour me lancer dans l’aventure, j’ai aussi pris l’aide d’un livre suédois très intéressant, Smygmaskvirkning par Kerstin Jönsson. C’est un livre publié à compte d’auteur, disponible uniquement en suédois et pas facile à trouver. Je l’ai connu par l’intermédiaire d’un membre de Ravelry qui m’a contacté pour me demander si je pouvais traduire le livre en anglais. C’est une idée intéressante, mais un projet gigantesque!Jusque là, j’utilisais les mailles coulées seulement de la façon la plus courante – comme une maille qui n’en est pas vraiment une. Comme j’explique aux participantes à mes cours de crochet, la maille coulée s’utilise pour fermer un rond ou attacher des pièces entre elles, ou pour « se déplacer » dans le travail sans ajouter des mailles ou des rangs. Le temps était venu pour explorer les mailles coulées d’une manière totalement différente – comme les éléments composant un ouvrage crocheté.D’abord, il fallait se pencher sur la question des outils. Avec le livre suédois, j’avais acheté un crochet très curieux, fabriqué par l’auteur. C’est le crochet traditionellement utilisé en Suède (et de nombreux autres pays) pour ce type de crochet. Les sites web que j’avais regardé parlaient aussi de crochets « alignés » par opposition aux crochets « bulbeux ». Il fallait comprendre de quoi il s’agissait avant que je puisse commencer.3 crochet hooks Dans la photo, vous pouvez voir les trois types de crochets. Le crochet spécifique pour le travail en mailles coulées est facile à reconnaître tout à gauche. Il est plat, coupé dans une feuille de métal, très pointu et avec un manche arrondi.J’ai essayé de travailler avec ce crochet. Pour le crochet en mailles coulées, il faut un crochet pointu – il est parfois difficile de piquer dans une maille coulée même si elle est travaillée de façon bien lâche. Je pense que celui-ci mériterait tout de même un petit passage au papier de verre. Il est si pointu qu’il m’était presqu’impossible de ne pas défaire les brins du fil en l’utilisant. Pourtant, le problème majeur pour moi n’était pas la pointe ultra pointue (j’aurais pu y remédier). Aussi, avec mon livre sous la main, j’ai pu sans trop de difficultés trouver une façon convenable de le tenir – comme Kerstin Jönsson fait remarquer, on ne tient pas un outil plat comme on tient un outil rond. Ce qui était vraiment difficile était d’obtenir des mailles régulières.Regardez la forme du manche, qui s’élargit au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la tête du crochet. La taille de vos mailles est fonction de la distance que la boucle de fil que vous travaillez parcourt sur le manche. Si vous poussez un peu plus ou un peu moins, la maille n’aura pas la même taille. Je comprends que de ce fait, ce crochet est un outil trés polyvalent, et qu’une crocheteuse expérimentée peut adapter la taille des mailles en fonction du fil utilisé et du résultat désiré. Pour une débutante comme moi, cela faisait un peu trop de choses à gérer en même temps. J’ai décidé de garder ce crochet pour plus tard, quand je serai un peu plus habituée. (J’entretiens aussi désormais le rêve d’aller en Suède pour assister à un cours de crochet traditionnel en mailles coulées – qui sait, peut-être qu’un jour le rêve pourra devenir réalité!)La recherche d’un outil adapté n’était donc pas terminée. Il fallait que je regarde de plus près ce crochet « aligné ».2 crochet hooksSi vous regardez bien la photo, vous verrez que la tête du crochet à gauche est exactement alignée sur la largeur du manche. C’est un crochet aligné. A droite, la tête du crochet semble plus large que le manche, et elle n’est pas alignée. Le bord gauche de la tête est plus loin à gauche que le bord gauche du manche. C’est ce type de crochet qui est parfois appelé « bulbeux ».Les crochets alignés sont considérés mieux adaptés pour le crochet en mailles coulées. Le crochet en bambou à gauche est aussi nettement plus pointu, et c’est donc celui que j’ai choisi pour continuer mes expériences. C’est le seul crochet de ce type que j’ai, et c’est un no 4, ce qui veut dire qu’il a une épaisseur de 4 mm. Comme j’avais compris qu’il fallait travailler avec un crochet plus gros que d’habitude avec cette technique, je l’ai testé avec un fil type « layette ». D’habitude, je travaille ce type de fil avec un crochet de 3 mm, montant parfois à 3,5 mm pour un résultat plus souple.Alors, c’était comment? Disons simplement que ce n’était ni joli, ni rigolo. Je me battais avec mon crochet, je me battais avec mes mailles et je me battais avec mon fil. Je pensais très sérieusement que j’avais eu une très, très mauvaise idée en voulant faire un bulletin d’information sur le crochet en mailles coulées. Je faisais des diminutions sans le vouloir, j’accrochais sur tous les brins de mon fil, je devais forcer le crochet pour passer dans chacune des mailles. Il fallait une éternité pour faire un seul rang, très vilain. Et le pire était que ce n’était pas marrant du tout. Le crochet, c’est fait pour s’amuser, en tout cas c’est ce que je pense.Ensuite j’ai  a) eu une illumination et b) pris une décision, presque simultanément. D’un coup j’ai compris que quand on me disait qu’il fallait travailler de façon très lâche, cela voulait dire TRÈS lâche. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus lâche que ma façon habituelle (qui est déjà assez lâche). Et en parcourant ma collection de crochets, j’ai trouvé un crochet de 6 mm qui me semblait assez pointu. J’ai décidé de l’utiliser pour un fil en coton que je travaille d’habitude avec un crochet de 4 mm – ce qui fait une différence de 2 mm.Et d’un coup, les choses se sont arrangées.cotton swatchJe crochetais de façon si lâche que j’avais l’impression de ne pas crocheter du tout. C’était comme si je ne faisais que des cercles dans l’air avec mon crochet. Les mailles étaient affreusement lâches, mais dès que je faisais un autre rang dedans, elles se resserraient et devenaient plus présentables. J’ai travaillé en aller-retours, en testant le travail dans le brin avant comme dans le brin arrière. Je faisais toutjours des diminutions sans le vouloir, mais au moins, cela commençait à ressembler à quelque chose. Et c’était amusant!La prochaine étape était d’utiliser le même crochet avec un fil en alpaga, légèrement plus fin, et de faire ce que les gens avaient fait pendant des siècles avant moi – du crochet à mailles coulées en rond. A partir de là, tout allait bien. C’était très rigolo, et en plus j’aimais le résultat!J’ai donc fait un échantillon tout en longueur, sur 40 mailles en rond.back loop and front loop swatchD’abord, j’ai travaillé dans le brin arrière (en bas de la photo). Cela donne un résultat bien plat, qui ne roule pas. C’est donc une technique qu’on utilise souvent dans les bords des moufles et des bonnets. La maille coulée dans le brin arrière (mc brin arr) donne un résultat souple et nervuré, avec des fines barres horizontales.J’ai changé pour un travail dans le brin avant, et le résultat était vraiment étonnant (en haut de la photo). J’ai déjà parlé de la différence d’aspect qu’on obtient suivant le brin dans lequel on travaille une maille, mais je ne pense jamais avoir vu un effet aussi marqué avant. Le résultat a toujours beaucoup de texture, mais c’est nettement plus mince et plus plat que le travail dans le brin arrière. La surface est bosselée, mais avec une impression de lignes presque verticales, légèrement inclinées vers la droite.Il commençait à être tard, mais il fallait que j’essaie un peu de couleur, même très simplement.colourwork swatchJ’ai décidé de tester des rayures sur un seul rang, d’abord en rouge, en travaillant dans le brin avant (en bas de la photo), et ensuite en gris anthracite, en travaillant dans le brin arrière (en haut de la photo). Comme vous le voyez, le résultat est encore une fois très contrasté.J’ai été très surprise de voir à quel point mon échantillon était souple et doux. J’avais pensé que ce serait très ferme, mais ce n’était pas du tout le cas.complete swatch  Il y a tellement de choses à explorer dans cette technique. Je commence la recherche de crochets bambou en tailles plus grandes, avec ma tête remplie d’idées et de techniques à tester. J’espère vous avoir inspiré aussi! A bientôt!signature

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