Le blocage – questions et solutions !

Le blocage, c’est quoi ?

Le blocage, ou la mise en forme, est la dernière étape pour sublimer votre ouvrage de tricot ou de crochet.

Quand vous avez formé votre dernière maille et rabattu ou arrêté le fil, le blocage permet de donner la forme souhaitée à votre travail, d’égaliser vos points et de mettre en valeur les points ajourés.

Il y a différentes méthodes pour bloquer un ouvrage, mais quelle que soit la méthode choisie vous allez

  • humidifier votre ouvrage,
  • lui donner une forme, et
  • attendre que ça sèche.

Est-ce que le blocage est indispensable ?

Parfois, non. Vous pouvez parfaitement aimer l’aspect de votre ouvrage tel quel et sauter cette étape.

Mais très, très souvent, votre travail sera vraiment plus réussi avec un blocage.

Si vous tricotez ou crochetez un châle en dentelle (même un point ajouré tout simple), je ne peux que vous inciter à bloquer votre travail avec soin – c’est seulement après cette étape que le point s’ouvrira et montrera pleinement sa beauté.

Si vous réalisez un objet ou un vêtement avec plusieurs pièces à assembler, votre tâche sera vraiment facilitée par un blocage au préalable.

Vous l’aurez compris, je suis une adepte du blocage !

Comment faire ?

Il y a deux façons de humidifier votre ouvrage :

  • le tremper dans l’eau
  • lui appliquer de la vapeur.

1) Blocage par vapeur

Une très bonne méthode pour les petites pièces !

Épinglez votre travail sur une surface résistante à l’humidité, aux épingles et à la chaleur (votre planche à repasser est un support idéal si les pièces sont petites).

Passez votre fer à repasser quelques centimètres au-dessus – sans toucher ! – en expulsant autant de vapeur que possible.

Laissez bien refroidir et sécher avant d’enlever vos épingles.

2) Blocage par trempage

Il y a plusieurs façons de faire, voici ma méthode préférée :

Laissez tremper l’ouvrage terminé dans de l’eau pendant au moins 20 minutes, pour que les fibres absorbent bien l’eau.

Attention : si votre ouvrage comprend plusieurs couleurs, il faut faire attention au risque de décoloration qui existe toujours, même avec les fils issus de filatures de qualité. Si votre fil est en laine, alpaga ou une autre fibre animale, ajoutez un peu de vinaigre blanc dans l’eau pour fixer les couleurs. s’il s’agit de coton, lin ou une autre fibre végétale, essayez avec un peu de sel. Surveillez la couleur de l’eau, et ne prolongez pas le trempage inutilement.

Pour ma part, si je prévois d’utiliser des couleurs très contrastées, je fais en général un petit échantillon rayé avec les différentes couleurs. Je soumets cet échantillon à un test au préalable, en laissant tremper l’échantillon dans un bol blanc et en le laissant sécher sur un linge blanc. S’il y a un problème, il vaut mieux le savoir avant plutôt qu’après avoir tout tricoté ou crocheté !

Une fois le trempage terminé, sortez l’ouvrage de l’eau en le ramassant bien dans vos mains, pour éviter toute déformation. Je presse mon travail entre mes mains, sans tordre, pour enlever une partie de l’eau.

Ensuite, je pose mon ouvrage sur une serviette éponge propre en l’étalant un peu (sans vraiment tirer), et je roule la serviette avec mon projet à l’intérieur. Pour bien essorer, je marche sur le rouleau !

En déroulant à nouveau la serviette, l’ouvrage est humide mais non trempé – c’est parfait pour passer à l’étape suivante, l’épinglage.

Étalez le travail sur une surface appropriée (toujours résistante à l’humidité et aux épingles). Il y a des dalles en mousse spécifiques pour cet usage – j’utilise depuis de nombreuses années de grandes plaques en polystyrène (?), un matériau d’isolation trouvé en grande surface de bricolage.

Ensuite, petit à petit, j’épingle en tirant plus ou moins sur mon travail selon l’effet souhaité. Parfois, il suffit de couvrir la surface de blocage avec une serviette éponge sèche et lisser avec les mains – la surface un peu rugueuse de la serviette suffit pour maintenir en place. Mais souvent, il faut des épingles ou d’autres accessoires (voir plus loin) pour bien tirer et ouvrir les points, et ensuite tout maintenir en place.

Un mètre de couturière est utile pour vérifier les dimensions obtenues, et la symétrie (pour les formes symétriques, bien sûr !).

Une fois que tout vous semble bien, laissez bien sécher !

Et le repassage ?

Évitez absolument de repasser en posant votre fer sur votre travail – sauf si vous souhaitez écraser vos mailles et perdre leur relief. En plus de cela, si votre fil contient des fibres synthétiques, vous risquez de les faire fondre. S’il contient des fibres naturelles, vous risquez de les brûler et leur faire perdre leur douceur et leur élasticité.

Il n’y a bien sûr pas de règle sans exception. À condition de procéder avec prudence, vous pouvez tester le repassage sur un échantillon en lin, ou poser un petit motif en fil synthétique entre deux linges et repasser (sans jamais toucher la fibre synthétique avec votre fer) – parfois le résultat peut être une bonne surprise !

Les accessoires pour le blocage

Il n’y a pas besoin d’un équipement sophistiqué pour le blocage – mais il y a des outils qui facilitent la tâche !

1) Les tiges de blocage

C’est fastidieux et parfois difficile d’épingler des lignes droites comme les bords d’une étole, les côtés d’un châle triangulaire, ou des grands carrés tricotés ou crochetés. Les tiges de blocage peuvent être une aide très utile. Vous pouvez les passer dans le bord lui-même, ou dans les arceaux d’une bordure festonnée. Elles sont maintenues en place avec des épingles ou des peignes de blocage.

Les tiges ne sont pas complètement rigides, et certaines sont plus flexibles que les autres. Elles peuvent alors être utilisées pour de grands arrondis.

Le tiges de blocage sont disponibles dans la boutique – cliquez ici !

2) Les peignes de blocage

Attention, ça pique ! Mais les peignes de blocage sont ultra pratiques pour les échantillons, les carrés qu’on veut garder bien rectilignes, ou pour maintenir en place les tiges de blocage.

Chaque peigne joue le rôle de plusieurs épingles en ligne droite – cela permet un gain de temps considérable.

Pour voir les peignes de blocage dans la boutique, cliquez ici !

3) Les épingles

L’outil de base pour maintenir en place vos pièces pendant le séchage. Faites attention à n’utiliser que des épingles bien brillantes pour les coloris clairs, pour éviter qu’elles laissent des traces.

Je préfère largement des épingles à tête ronde, pour ne pas me faire mal aux doigts et pour bien les voir et les enlever avant de retirer l’ouvrage après séchage. C’est particulièrement important si vous avez profité de l’absence de votre mari pour bloquer un châle sur son matelas, croyez-moi.

Retrouvez les épingles à tête ronde dans la boutique en cliquant ici.

Et vous, que pensez-vous du blocage ? Vous aimez faire comment ? Dites-le moi dans les commentaires !!!

Réponses à vos questions – le replay du direct du 10 mars 2021

Questions abordées dans ce direct :

02:45 Gestions des rayures au crochet – comment gérer votre fil, y compris pour des rayures d’un seul rang.
23:40 En crochet mosaïque, est-ce qu’il y a moyen de réaliser le motif sans couper le fil à la fin de chaque rang?
42:50 Sur la base de quel calcul procéder si l’on souhaite tricoter un ouvrage comportant des parties faites avec des fils de diamètres différents ?

Direct YouTube ce mercredi à 17h30

Le direct est de retour – pendant une heure sur ma chaîne YouTube, je réponds à vos questions sur le tricot ou le crochet.
Si vous ne pouvez pas assister au direct, un replay sera disponible dès le lendemain.

Vous pouvez poser vos questions tout de suite et jusqu’à mardi soir dans les commentaires ci-dessous !

À mercredi !

Réponses à vos questions – replay du direct de janvier.

Pas de direct en février – j’en suis désolée et espère pouvoir en faire un début mars.

Par contre, je vous propose enfin le replay de celui de janvier, complété avec les liens vers chaque sujet !

Questions abordées dans ce direct :

05:04 Comment amidonner un ouvrage au crochet ?

14:54 Les différentes longueurs d’aiguilles circulaires – à quoi ça sert, comment choisir ?

33:20 Comment faire un cercle au tricot avec 2 aiguilles ?

38:35 Le jeté au crochet – quel avantage de le faire « à l’envers » (= yarn under) ?

Les quelques problèmes d’image sont liés à la qualité de ma connexion – je suis désolée, mais ce sont les aléas du direct !

Replay du direct de décembre 2020

Questions abordées pendant ce direct :
04:10 Comment faire un montage extensible au tricot ? Je vous propose le montage norvégien (aussi appelé Old Norwegian/German Twisted Cast-On)
13:25 Comment récupérer sans trop galérer des mailles mises en attente sur un fil ?
22:40 Comment rentrer son fil dans le point de riz ?
33:20 Comment resserrer les mailles en début de rang lors des changements de pelote ?
36:45 Comment rentrer les fils proprement en début de rang ? (Exemple du point mousse)
40:00 Comment monter les mailles sous les aisselles d’un pull top-down avec le montage tricoté modifié (cable cast-on) ?
46:50 Comment gérer l’alternance des écheveaux teints main ?

Le début d’un châle

Pour être tout à fait honnête, le projet dans la photo n’est pas un châle – mais il commence exactement de la même manière.

Très souvent, les châles tricotés du haut vers le bas commencent avec un petit rectangle de point mousse (« garter tab » en anglais). En cliquant ici, vous trouverez mon tuto sur ce type de début de châle, vers lequel j’ai envoyé de nombreuses personnes depuis sa rédaction en … 2011 (!)

J’ai un aveu à vous faire : je n’aime pas bien cette technique de démarrage. Je comprends bien que l’idée est de créer une ligne continue en haut du châle, où ce démarrage s’intègre parfaitement dans la lisière qui forme le haut du châle.

Déjà, on nous dit souvent de commencer avec un montage provisoire de 2 ou 3 mailles – je ne le fais jamais, c’est trop de travail pour peu de résultat (et si vous montez 3 mailles en provisoire, en sens inverse vous récupérez 2, donc il faut créer une maille quelque part, et je n’arrive jamais à le faire très proprément).

Et de toute façon, avec ce mini rectangle, j’ai toujours l’impression que mes doigts sont trop gros, que je vais perdre mes aiguilles d’une seconde à l’autre, et que je ne sais plus tricoter.

Du coup, je fais de petites expériences avec des débuts différents. Dans la photo, j’ai commencé par monter 3 mailles, puis j’ai augmenté sur quelques rangs en point mousse avant de commencer à tricoter mes lisières en point mousse et le corps du modèle en jersey. On peut trouver que ça fait pâté. Je trouve que ça fait le modèle qui commence avec quelques rangs de mousse, et que ça fonctionne bien. En plus, c’est super facile à tricoter.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Comment aimez-vous commencer vos châles pour le tricoter du haut vers le bas ? Est-ce qu’il y a des méthodes que vous n’aimez pas ? Dites-le moi en commentaire !