Le pari créatif

Ça commence par une idée. On ne sait pas trop d’où elle vient, et parfois, elle est très vague. Parfois, c’est une sorte de vision, mais d’autres fois, c’est un souvenir, une odeur, une émotion … Encore d’autres fois, tout un concept se présente dans le cerveau quand on se brosse les dents le matin, sorti de nulle part.

Toujours est-il que cette idée demande à être traduite et transformée à l’aide d’un fil.

Tricot ou crochet ? Quel point utiliser ? Et quelle matière ? Coton ou laine ? Quelle grosseur ? Et, question ultime, pour faire quoi ?

On tâtonne, on réfléchit, on fait des essais. Parfois, un très, très grand nombre d’essais.

Il arrive qu’aucune tentative n’aboutisse. L’idée n’est pas réalisable, en tout cas pas ici et maintenant.

Mais souvent, tout de même, un projet prend forme. Il peut être très proche de l’idée initiale, mais il peut aussi en être très éloigné – aucune autre personne ne pourrait en deviner son origine.

Et c’est la qu’il faut faire un pari créatif.

Petit projet ou grand, il s’agit de nombreuses heures consacrées à fabriquer cette chose issue de notre imagination, cette chose qui n’existe pas encore.

On ne peut pas savoir si ce sera réussi. On ne peut pas savoir si ce sera apprécié. Pour un projet d’envergure cela peut vouloir dire des semaines et des mois consacrés à un projet qui en finale sera décevant. Si c’est notre métier de créer, le risque est aussi financier.

Mais il faut parier malgré tout sur sa créativité et son savoir-faire, pour faire naître cet objet inexistant, lui donner sa forme et présenter le résultat aux autres.

C’est incertain, pas rassurant, l’occasion de se poser mille questions. Ce serait plus facile de ne pas le faire. Mais on le fait quand même.

On le fait, parce qu’on sait que ce pari peut réussir. Il n’y a pas de garantie, mais il y a des possibilités, et on est beaucoup trop curieux pour ne pas essayer et voir ce que ça donne.

Et quand on gagne le pari créatif, quand l’objet est abouti et réussi, quand on peut le partager avec les autres, la satisfaction est à la mesure de l’incertitude préalable – immense.


Si vous voulez faire votre propre pari créatif, dans un cadre bienveillant et rassurant, je propose de vous accompagner sous deux formes différentes :

Le Coaching Créatif de Crochet

ou

L’Accompagnement Créatif de Tricot.

Cliquez sur les liens pour en apprendre plus. Si cela vous intéresse, cliquez sur le bouton ci-dessous pour m’envoyer un mail et être averti de la prochaine date pour l’un ou l’autre des deux programmes.

Quand on peut se passer d’un échantillon

Je sais, je sais, il faut toujours faire un échantillon – je suis la première à le dire. Et je sais aussi que très souvent, on n’en a pas envie !

En réalité, il existe bien des situations où l’on peut s’en passer – et où je n’en fais pas non plus ! Il suffit juste de les connaître, ainsi que leurs limites.

Des projets en rond de faible diamètre

Vous voulez tricoter ou crocheter une chaussette, un gant ou même un col ou un bonnet ?

Sachez qu’un échantillon à plat ne vous dira jamais exactement ce que donnera le même point réalisé en rond.

Au tricot, des infimes différences entre vos mailles endroit et vos mailles envers auront des conséquences importantes sur votre travail à plat et en rond respectivement.

Au crochet, le rendu du point ne sera pas du tout le même en crochetant à plat par rapport au travail en rond.

Et si vous devez réaliser un échantillon en rond, il faut le faire sur deux fois plus de mailles …
Faites donc de votre projet votre échantillon !

Il suffit d’essayer votre chaussette, votre mitaine ou votre bonnet quand vous aurez travaillé quelques centimètres. (Pour une construction classique, assurez-vous d’avoir terminé les côtes et fait encore un petit bout.)

Trop petit ou trop grand ? Vous saurez mieux en juger sur ce travail en taille réelle.

Une manche en guise d’échantillon

Pour les vêtements réalisés dans le sens « classique », du bas vers le haut, on commence en général avec le dos (pour un vêtement fait en pièces à plat) ou par le corps (pour un vêtement fait en rond).

Cela fait pas mal de mailles à faire avant de pouvoir comparer les mesures obtenues avec celles du modèle.

Commencez donc par la manche, sur un nombre de mailles nettement plus petit, mais tout de même significatif. Une fois que vous aurez vérifié les dimensions obtenues, vous pourrez tranquillement laisser votre bout de manche en attente pour vous lancer dans le corps.

Quand la taille n’a pas (beaucoup) d’importance

Très souvent, pour faire un châle, une écharpe ou un autre accessoire qui se porte de manière non ajustée, vous vous passez de l’échantillon.

Tant que vous êtes satisfait du résultat obtenu, vous pouvez bien sûr y aller même si vous travaillez de manière plus ferme ou plus souple que prévu dans les explications – à condition d’être un peu aventurier.

En effet, votre échantillon aura des conséquences sur la consommation de fil et sur la taille finale de votre accessoire.

Si toutes vos mailles sont un peu (ou beaucoup) plus petites que celles du modèle initiale, vous obtiendrez par exemple une écharpe plus étroite et plus courte.

Si toutes vos mailles sont un peu (ou beaucoup) plus grandes que celles du modèle, vous allez consommer plus de fil, et vous ne pourrez peut-être pas terminer votre ouvrage selon les explications données.

Si vous acceptez d’improviser la phase finale du modèle, ou de racheter du fil – aucun problème ! Il suffit juste de savoir que ce risque existe.

Sur ce, je vais aller tricoter quelques rangs de plus sur mon bonnet en cours. J’ai une tête plus grande que la moyenne, j’ai donc choisi un numéro d’aiguilles plus grand que celui indiqué dans les explications. Je suis à quelques centimètres au-dessus des côtes, et je viens d’essayer – le bonnet me va bien ! Je vais a priori consommer plus de fil que prévue, mais j’ai du rab – et si j’en manque quand même, je compléterai avec une autre couleur dans la même grosseur.

Parce que effectivement, c’est un projet pour lequel je n’ai fait aucun échantillon !

4 stratégies contre les erreurs au tricot et au crochet

Cela aurait dû être 2 rangs de jaune …

Une erreur, quelle horreur !

Votre coeur bat la chamade, une main glacée semble comprimer votre poitrine, vous avez la boule au ventre … Vous venez de découvrir une erreur dans votre ouvrage au tricot ou au crochet !

Une erreur peut venir de tant de choses. On est fatigué, on est distrait, on a mal lu ou mal compris …

Parfois, c’est juste une erreur à corriger, sans conséquence. On revient quelques mailles ou quelques rangs en arrière, on défait son erreur et on refait correctement, et c’est la fin de l’histoire.

Mais souvent, cette erreur nous apprend quelque chose (au-delà du fait qu’on s’est trompé) :

Est-ce le moment de poser mon ouvrage et aller me coucher ? Est-ce qu’il faut tout simplement que je me concentre un peu plus sur la grille ? Est-ce que j’ai besoin de chercher plus d’informations sur comment faire ce point, en demandant à quelqu’un que je connais, ou en cherchant en ligne ?

Dans tous les cas, les erreurs, on préfère ne pas en faire – mais tout le monde en fait, tout le temps … (oui, moi aussi, tout le temps !).

Je vous propose quatre stratégies à adopter contre les erreurs :

1) Apprendre à « lire » son travail.

Pour moi, c’est l’une des compétences clé de toute personne qui tricote et crochète. Je vous en reparlerai bientôt plus dans le détail, mais pour le moment, disons simplement que je vous conseille de vous arrêter souvent pour admirer ce que vous venez de faire !

2) Se demander si c’est vraiment grave.

S’il y a une maille de travers quelque part, est-ce que cela se verra vraiment quand vous ou quelqu’un d’autre porte ce que vous avez fait ? Si oui, y-a-t-il un moyen de le cacher sans tout défaire ?

On est d’accord, si vous avez fait 20 diminutions de trop, il vaut probablement mieux corriger …

3) Apprendre à corriger les erreurs les plus courantes (là aussi, j’aurai bientôt des choses à vous dire – en attendant, Google et YouTube sont vos amis !)

4) Ne pas avoir peur de faire une erreur !

Déjà, si on est stressé à l’idée de faire une erreur, on augmente considérablement ses chances de se tromper.

Et le fait d’apprendre à découvrir vos propres erreurs et à les corriger vous fera progresser dans votre maîtrise du tricot et/ou du crochet. Je dirai même que la meilleure façon d’apprendre à faire quelque chose, c’est de se tromper et comprendre pourquoi. Vous retiendrez beaucoup mieux comment faire que si votre première tentative était parfaite.

Et, je me répète : ce n’est peut-être pas grave du tout. Une fois, c’est une erreur, deux fois, c’est un problème, trois fois, c’est un nouveau point ou modèle !

Bingo !

Voulez-vous jouer avec moi ?

Je vous propose un jeu de bingo sans prétention, adaptable à vos envies, coups de coeurs et changements d’avis !

Les interprétations personnelles sont les bienvenues – à vous de jouer tout au long de l’année !

Voici une version en pdf si vous voulez l’imprimer :

#bingotricotcrochet2022

#bingo2022annettepetavy

Que faire avec les restes ?

Au moins une fois par semaine, je regarde dans le bac à légumes dans mon frigo pour voir ce qui me reste – un poireau esseulé, quelques carottes un peu sèches, un quart de courge, un bout de céleri-rave.

Je les prends, je les coupe en morceaux à peu près égaux, je les mélange avec un peu d’huile d’olive, du sel et du poivre et je les fais cuire au four. La plupart du temps, j’équilibre mon mélange simplement à l’œil, pour faire un bon mix de formes et de couleurs. Mes restes un peu tristes deviennent un plat parfumé, coloré, très bon !

Cette semaine, en coupant mes légumes je me suis dit que je devrais vraiment faire la même chose avec mes restes de fil. Faire le point régulièrement, associer les pelotes seules ou partielles selon leur grosseur et leurs couleurs, et en faire quelque chose.

Mais quoi ? Une couverture, une paire de mitaines, autre chose ? Qu’est-ce que vous faites avec vos restes de fils ? Dites-le moi dans les commentaires !

Portes ouvertes le 27 novembre 2021 !

Je vous propose une journée de portes ouvertes le samedi 27 novembre 2021 de 10h à 18h !
Venez avec votre projet en cours, installez-vous pour boire un thé ou un café – ou venez simplement regarder mes pelotes et éventuellement vous laisser tenter.

Pour le confort et la sécurité de tous, je vous demande de venir avec votre passe sanitaire.

Le blocage – questions et solutions !

Le blocage, c’est quoi ?

Le blocage, ou la mise en forme, est la dernière étape pour sublimer votre ouvrage de tricot ou de crochet.

Quand vous avez formé votre dernière maille et rabattu ou arrêté le fil, le blocage permet de donner la forme souhaitée à votre travail, d’égaliser vos points et de mettre en valeur les points ajourés.

Il y a différentes méthodes pour bloquer un ouvrage, mais quelle que soit la méthode choisie vous allez

  • humidifier votre ouvrage,
  • lui donner une forme, et
  • attendre que ça sèche.

Est-ce que le blocage est indispensable ?

Parfois, non. Vous pouvez parfaitement aimer l’aspect de votre ouvrage tel quel et sauter cette étape.

Mais très, très souvent, votre travail sera vraiment plus réussi avec un blocage.

Si vous tricotez ou crochetez un châle en dentelle (même un point ajouré tout simple), je ne peux que vous inciter à bloquer votre travail avec soin – c’est seulement après cette étape que le point s’ouvrira et montrera pleinement sa beauté.

Si vous réalisez un objet ou un vêtement avec plusieurs pièces à assembler, votre tâche sera vraiment facilitée par un blocage au préalable.

Vous l’aurez compris, je suis une adepte du blocage !

Comment faire ?

Il y a deux façons de humidifier votre ouvrage :

  • le tremper dans l’eau
  • lui appliquer de la vapeur.

1) Blocage par vapeur

Une très bonne méthode pour les petites pièces !

Épinglez votre travail sur une surface résistante à l’humidité, aux épingles et à la chaleur (votre planche à repasser est un support idéal si les pièces sont petites).

Passez votre fer à repasser quelques centimètres au-dessus – sans toucher ! – en expulsant autant de vapeur que possible.

Laissez bien refroidir et sécher avant d’enlever vos épingles.

2) Blocage par trempage

Il y a plusieurs façons de faire, voici ma méthode préférée :

Laissez tremper l’ouvrage terminé dans de l’eau pendant au moins 20 minutes, pour que les fibres absorbent bien l’eau.

Attention : si votre ouvrage comprend plusieurs couleurs, il faut faire attention au risque de décoloration qui existe toujours, même avec les fils issus de filatures de qualité. Si votre fil est en laine, alpaga ou une autre fibre animale, ajoutez un peu de vinaigre blanc dans l’eau pour fixer les couleurs. s’il s’agit de coton, lin ou une autre fibre végétale, essayez avec un peu de sel. Surveillez la couleur de l’eau, et ne prolongez pas le trempage inutilement.

Pour ma part, si je prévois d’utiliser des couleurs très contrastées, je fais en général un petit échantillon rayé avec les différentes couleurs. Je soumets cet échantillon à un test au préalable, en laissant tremper l’échantillon dans un bol blanc et en le laissant sécher sur un linge blanc. S’il y a un problème, il vaut mieux le savoir avant plutôt qu’après avoir tout tricoté ou crocheté !

Une fois le trempage terminé, sortez l’ouvrage de l’eau en le ramassant bien dans vos mains, pour éviter toute déformation. Je presse mon travail entre mes mains, sans tordre, pour enlever une partie de l’eau.

Ensuite, je pose mon ouvrage sur une serviette éponge propre en l’étalant un peu (sans vraiment tirer), et je roule la serviette avec mon projet à l’intérieur. Pour bien essorer, je marche sur le rouleau !

En déroulant à nouveau la serviette, l’ouvrage est humide mais non trempé – c’est parfait pour passer à l’étape suivante, l’épinglage.

Étalez le travail sur une surface appropriée (toujours résistante à l’humidité et aux épingles). Il y a des dalles en mousse spécifiques pour cet usage – j’utilise depuis de nombreuses années de grandes plaques en polystyrène (?), un matériau d’isolation trouvé en grande surface de bricolage.

Ensuite, petit à petit, j’épingle en tirant plus ou moins sur mon travail selon l’effet souhaité. Parfois, il suffit de couvrir la surface de blocage avec une serviette éponge sèche et lisser avec les mains – la surface un peu rugueuse de la serviette suffit pour maintenir en place. Mais souvent, il faut des épingles ou d’autres accessoires (voir plus loin) pour bien tirer et ouvrir les points, et ensuite tout maintenir en place.

Un mètre de couturière est utile pour vérifier les dimensions obtenues, et la symétrie (pour les formes symétriques, bien sûr !).

Une fois que tout vous semble bien, laissez bien sécher !

Et le repassage ?

Évitez absolument de repasser en posant votre fer sur votre travail – sauf si vous souhaitez écraser vos mailles et perdre leur relief. En plus de cela, si votre fil contient des fibres synthétiques, vous risquez de les faire fondre. S’il contient des fibres naturelles, vous risquez de les brûler et leur faire perdre leur douceur et leur élasticité.

Il n’y a bien sûr pas de règle sans exception. À condition de procéder avec prudence, vous pouvez tester le repassage sur un échantillon en lin, ou poser un petit motif en fil synthétique entre deux linges et repasser (sans jamais toucher la fibre synthétique avec votre fer) – parfois le résultat peut être une bonne surprise !

Les accessoires pour le blocage

Il n’y a pas besoin d’un équipement sophistiqué pour le blocage – mais il y a des outils qui facilitent la tâche !

1) Les tiges de blocage

C’est fastidieux et parfois difficile d’épingler des lignes droites comme les bords d’une étole, les côtés d’un châle triangulaire, ou des grands carrés tricotés ou crochetés. Les tiges de blocage peuvent être une aide très utile. Vous pouvez les passer dans le bord lui-même, ou dans les arceaux d’une bordure festonnée. Elles sont maintenues en place avec des épingles ou des peignes de blocage.

Les tiges ne sont pas complètement rigides, et certaines sont plus flexibles que les autres. Elles peuvent alors être utilisées pour de grands arrondis.

Le tiges de blocage sont disponibles dans la boutique – cliquez ici !

2) Les peignes de blocage

Attention, ça pique ! Mais les peignes de blocage sont ultra pratiques pour les échantillons, les carrés qu’on veut garder bien rectilignes, ou pour maintenir en place les tiges de blocage.

Chaque peigne joue le rôle de plusieurs épingles en ligne droite – cela permet un gain de temps considérable.

Pour voir les peignes de blocage dans la boutique, cliquez ici !

3) Les épingles

L’outil de base pour maintenir en place vos pièces pendant le séchage. Faites attention à n’utiliser que des épingles bien brillantes pour les coloris clairs, pour éviter qu’elles laissent des traces.

Je préfère largement des épingles à tête ronde, pour ne pas me faire mal aux doigts et pour bien les voir et les enlever avant de retirer l’ouvrage après séchage. C’est particulièrement important si vous avez profité de l’absence de votre mari pour bloquer un châle sur son matelas, croyez-moi.

Retrouvez les épingles à tête ronde dans la boutique en cliquant ici.

Et vous, que pensez-vous du blocage ? Vous aimez faire comment ? Dites-le moi dans les commentaires !!!